LOMBALGIE

  • DEFINITION ET CAUSE


    Si les lombalgies communes (mal de dos) peuvent avoir des causes multiples (musculaires, ligamentaires, articulaires, psycholgiques), les lombalgies sévères, chroniques et invalidantes ont presque toujours une origine discale ; il s'agit de la discopathie lombaire, c'est à dire la dégénérescence progressive d'un ou de plusieurs disques intervertébraux.



  • évolution


    La discopathie peut se manifester par des blocages lombaires aigu (lumbago), qui surviennent souvent sur un faux mouvement ou après un effort. La crise à tendance naturellement à guérir en quelques jours, parfois en quelques semaines. Si chez la plupart des personnes, ces crises vont rester isolées, ou du moins très éloignées dans le temps, dans 5 % des cas, les lombalgies vont s'intensifier, survenir pour des efforts de moins en moins importants, jusqu'à devenir permanentes. Le disque va se fissurer, se déshydrater et progressivement se pincer. Parfois, un fragment de ce disque peut s'expulser et venir comprimer les racines nerveuses situées immédiatement en arrière : c'est le phénomène de hernie discale responsable entre autres des douleurs de sciatiques dans les jambes. Dans certains cas, cette hernie discale survient brutalement en début d'evolution de la discopathie, chez des personnes ne souffrant absolument pas du dos jusque là, alors que, dans d'autres cas, la hernie apparaît après un long passé de douleurs lombaires. Il faut également comprendre que plus le disque sera pincé, plus l'espace autour des racines nerveuses sera serré, et donc, que parfois la simple ablation d'une hernie discale ne suffit pas à libérer totalement une racine comprimée.



  • possibilités de traitement


    Le traitement des lombalgies est toujours médical dans un premier temps. Il peut être conduit par le médecin traitant, souvent en collaboration avec un rhumatologue, un médecin rééducateur ou encore un médecin de la douleur. Ce traitement va associer du repos dans les périodes de crises, des médicaments antalgiques et anti-inflammatoires, prescrits par paliers croissants, des soins de physiothérapie et de kinésithérapie et parfois des infiltrations ou même des immobilisations par corset. La majorité des maux de dos vont répondre favorablement à ces traitements, même si les crises ne disparaissent pas totalement. Un bilan plus approfondi et un avis auprès d'un chirurgien vertébral est indiqué quand les douleurs ne répondent pas bien à l'ensemble de ces traitements, et que les symptômes, qui évoluent depuis au moins 6 à 12 mois et souvent bien plus, sont responsables d'une invalidité importante dans la vie quotidienne.



  • principe du traitement chirurgical


    La chirurgie de la lombalgie chronique ne peut être envisagée qu'après échec d'un traitement médical aussi long et complet que possible. C'est en fonction de la corrélation entre les symptômes et les anomalies retrouvées sur les examens d'imagerie, que le chirurgien vertébral va retenir ou non une indication de chirurgie. En l'absence de paralysie, cette chirurgie n'aura jamais de caractère obligatoire, mais sera un moyen supplémentaire de plus, proposé au patient, pour traiter ses lombalgies. Comme tous les autres traitements mis en œuvre jusque là, le traitement chirurgical aura son propre taux de réussite et d'echec, ses bénéfices et ses risques, qui vous seront clairement exposé par le chirurgien vertébral, afin que vous puissiez faire votre choix le plus objectivement possible. La chirurgie de la discopathie lombaire, associée ou non à une hernie discale, consiste en la résection du disque en totalité (hernie incluse) et en son remplacement par un implant mobile (prothèse discale) ou fixe (cage d'arthrodèse). Le choix de l'implant se fera principalement en fonction de l'importance de la dégénérescence du disque, puisqu'après l'apparition de l'arthrose, la mise en place de la prothèse discale n'est plus recommandée. Quel que soit l'implant choisi, les principes de l'intervention sont les suivants : résection du ou des disques pathologiques, remise en hauteur de l'espace discal tel qu'il était avant le pincement, traitement de la compression des racines nerveuse par la résection de la hernie ou de la protrusion discale et également par la remise en hauteur du disque et des foramens, mise en place d'un implant qui va permettre à la fois de conserver l'espace ainsi créer et de rebalancer le dos en augmentant la cambrure lombaire (lordose) pour solliciter le moins possible dans l'avenir les autres disques laissés intacts.



  • Temps d'hospitalisation moyen


    6 jours (il s'agit de la durée la plus souvent constatée).



  • Temps de convalescence


    La sortie peut se faire directement à domicile ou vers un centre de rééducation pour un séjour de 2 à 3 semaines. Le transfert se fait en ambulance dans les 2 cas. La prise en charge au centre sera multidisciplinaire (médecin rééducateur, médecin de la douleur, kinésithérapie, ergothérapie). La période totale de convalescence s'étend au minimum sur les 6 semaines qui suivent la chirurgie et peut selon les cas durer 3 à 6 mois. En fonction de la sévérité des symptômes avant l'intervention cette période pourra même se prolonger d'avantage. La convalescence n'est pas synonyme de repos au lit. Les efforts, le port de charges, les trajets automobiles devront être limités pendant cette période. La marche à pied est souvent profitable. La récidive douloureuse pendant la convalescence est souvent la conséquence d'une surcharge d'activité et aura tendance à disparaître au repos. Des consultations de suivi avec votre chirurgien seront organisées à intervalles réguliers pendant les 2 premières années qui suivent la chirurgie.